Accords toltèques et compétences de coach : quels rapports ?

Accords toltèques et compétences de coach : quels rapports ?

Le livre Les quatre accords toltèques de Miguel Ruiz publié en 1997 est un best-seller sur le développement personnel. Un cinquième accord est ajouté en 2010. Ces accords s’inspirent de l’art de vivre du peuple toltèque, peuple de Méso-amérique (actuel Mexique) datant de 900-1200 de notre ère, et considéré comme pacifiste.

En quoi ces accords ont-ils un lien avec les compétences de coach ? En quoi sont-ils utiles ?

Que votre parole soit impeccable

Les mots ont un pouvoir à double tranchant : le pouvoir de blesser (et gare au retour de flammes) ou, au contraire, le pouvoir de prendre soin de l’autre. Ils ont le pouvoir de changer l’image que tu as de toi. La parole doit aussi être intègre, c’est-à-dire que ce que tu dis, ce que tu fais et ce que tu penses doivent être en congruence.

Lien avec les compétences de coach :

–       La parole « impeccable » permet de créer un climat de respect mutuel et de confiance. En effet, ni le coach, ni le coaché ne devraient porter de masque.

–       Le pouvoir des mots est lié aux compétences de communication : détecter les mots forts, utiliser l’écho, reformuler, communiquer directement et valider, détecter les contradictions du coaché et lui en faire prendre conscience.

–        « Bien veiller » sur son coaché grâce à une parole impeccable, c’est savoir l’encourager (permission), le confronter sans blesser, le déstabiliser pour accompagner un changement sans le mettre en danger (protection) …

–       Enfin « impeccable » peut être lié à la présence du coach : tête cœur corps sont en harmonie (OKness) et au service du coaché

Utilité : être aligné (tête cœur corps), le premier outil du coach étant lui-même. Utiliser une parole intègre au service du coaché, même si c’est confrontant.   

Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Les mots négatifs, les critiques peuvent te blesser personnellement. Néanmoins, souvent ces paroles ne parlent pas de toi mais de l’autre qui exprime par exemple, sa colère, sa peur, son fantasme… Donc activer son bouclier mental permet de se protéger : « je sais qui je suis, tu peux dire ce que tu veux ». Mais attention, car à vouloir trop se protéger, on peut se couper du monde.

Lien avec les compétences de coach :

–       À tout moment, le coaché peut émettre une critique envers le coach. C’est l’opportunité pour le coach de réorienter cette critique au service du coaché (En quoi ce comportement t’a amené à dire que j’étais … ? Que cela dit de toi ?).

–       Le coach se doit de travailler sur son identité, ses émotions et construit ainsi son bouclier.  A partir de là, le coach pourra être pleinement en présence pour le coaché, tout en tenant le cadre de l’accompagnement (normes et éthique professionnelle).

Utilité : être serein dans la relation de coaching en favorisant la confiance et le respect mutuels.

Ne faites pas de suppositions

Ne te perds pas dans des projections, souvent négatives. Cela déforme et amplifie les peurs, les fantasmes. D’une hypothèse, tu fais une certitude. Quand tu ressens, imagines quelque chose, pose-toi la question : est-ce que c’est vrai (en revenant sur les faits) ? Aies le courage de poser les questions et d’exprimer tes vrais désirs pour éviter tout malentendu.

Lien avec les compétences de coach :

–       Le coaché perçoit la réalité via le prisme de ses croyances. Les suppositions sont des projections qui utiliseront le même prisme. Rendre visible ce prisme est une des compétences du coach : il favorise la prise de conscience et incite à de nouvelles façons de voir (ce qui nécessite parfois de désapprendre)

–      Le coach doit avoir conscience de son propre cadre de référence et de celui du coaché. Il ne doit pas faire de suppositions concernant son coaché et rester ouvert. Il peut néanmoins émettre des hypothèses, qu’il doit valider. Valider les interprétations, reformuler, communiquer directement permettra d’éviter tout malentendu.

Utilité : avoir conscience de son cadre de référence et de celui du coaché, favoriser l’ici et le maintenant plutôt qu’un futur sans fondement.

Faites toujours de votre mieux

A chaque instant de ta vie, ton état interne diffère (forme, humeur, …) : un jour donné, tu n’es pas forcément capable de faire la même chose que la veille ou le lendemain. L’important, c’est de faire de son mieux. S’écouter sans juger, écouter sa propre voix bienveillante en ressentant, en écoutant que chaque chose que tu fais est de ton mieux.

Lien avec les compétences de coach :

–       Dans le contrat d’affaires, le coach a obligation de moyens (faire de son mieux avec ses compétences et son état à l’instant t) et pas de résultats

–       Dans sa phase d’auto-diagnostic, le coach doit avoir conscience de ses points à travailler sans se dénigrer (j’ai été mauvais, j’aurais dû dire cela …) ; c’est au contraire une opportunité d’apprendre (qu’est-ce que je tire de ce qu’il s’est passé ? qu’est-ce que j’ai appris sur moi ?)

–       Accepter son état interne, faire tomber la pression, permettent d’aborder la séance en pleine présence. Communiquer à son coaché son état interne peut faciliter la relation au démarrage de la séance de coaching. Inviter son coaché à faire de même est une option.

Utilité : s’accepter, s’écouter, adopter la position méta pour progresser, sans se juger négativement.

Soyez sceptique, mais apprenez à écouter

Ne te crois pas toi-même, ni personne d’autre. Doutes (est-ce vraiment la vérité ?) tout en écoutant l’intention et tu entendras le véritable message.

Lien avec les compétences de coach :

–       Faire prendre conscience au coaché de son propre cadre de référence, le mettre en face de ses contradictions lui permet d’entrevoir de nouvelles solutions. Tout l’art du coach sera dans le juste curseur : faire douter tout en donnant confiance, confronter sans bloquer, déstabiliser tout en provoquant un changement durable

–       Au-delà de la prise de conscience, le coach amène le coaché vers son autonomie grâce à l’apprenance, c’est-à-dire la capacité à apprendre de lui-même. Le coach favorise la curiosité du coaché vis-à-vis de lui-même (scepticisme et écoute profonde)

Utilité : questionner avec art et délicatesse, amener le coaché vers sa pleine puissance en toute autonomie.

Le mot de la fin

Là où les onze compétences de coach du référentiel de l’ICF donnent un cadre à l’exercice de mon métier de coach, je vois dans les accords toltèques un complément indispensable, une philosophie de vie qui permet d’aborder mon métier en toute sérénité.

Cependant, les accords restent des principes qui laissent le champ libre à la façon de les appliquer. L’une de ces façons pourrait être la communication non violente (CNV) qui fera l’objet d’un autre article.

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