L’agilité dans un tout autre contexte

Que ce soit en appréhendant l’été et en ressentant une certaine envie d’être prêt pour un casting d’Alerte à Malibu ou alors que ce soit par une simple envie de se lancer un défi personnel, la course à pied est devenue un sport de plus en plus pratiqué.

Sa pratique peut s’effectuer de différentes manières. Aussi bien de façon autodidacte qu’encadré avec l’aide d’un coach.

Posons-nous une minute cette question : est-il possible d’associer la course à pied aux méthodes de l’agilité ?

Et si vous ne vous êtes jamais posé cette question, je me la suis posé pour moi dans le cadre de mes entrainements. Permettez-moi ainsi de vous présenter mon analyse en cours.

Agilité et course à pied

1 – DEFINIR SON OBJECTIF

Dans l’agilité, et plus précisément dans les méthodes Scrum, il y a d’abord la définition d’un produit.

Dans le cas présent de la course à pied, le produit sera par exemple votre corps si vous souhaitez courir pour atteindre un poids idéal. Le produit pourra également être votre temps/distance si vous vous entrainez dans la finalité d’une compétition.

Dans ces 2 cas, il se révèle être nécessaire de diviser les objectifs en différents Sprint de 2/3 semaines (même le vocabulaire Scrum est de notre côté, c’est un signe ! J)

A cette étape, il nous est alors possible de caractériser l’équipe :

  • Le Product Owner peut être un coach sportif ou vous-même.
  • Le Scrum Master sera votre humble personne.
  • L’équipe sera composée de votre tête ainsi que de vos jambes.

La course à pied va ainsi réunir le Scrum Master, le Product Owner, mais aussi l’Equipe dans un seul et même corps !

2 – DEFINIR UN SPRINT

Exemples de Sprint :

Sprint 1 : Courir 5 km en faisant une pause

Sprint 2 : Courir 10 km en faisant une pause

etc…

Dans mon cas personnel, je me suis lancé un défi : courir un marathon.

De fait, j’ai ainsi cherché sur internet un entrainement qui serait adapté à cet objectif final. Afin de déterminé mes différents Sprint, je me suis alors fixé des « mini objectifs » à atteindre.

Mon premier Sprint, d’une durée de deux semaines, était ainsi d’effectuer 4 séances par semaine.

Ces Sprints étaient voués à être renouvelés toutes les deux semaines, avec un nouvel objectif à la clé.

Les premiers Sprint fixés donnent un cadre sur la distance à parcourir ainsi que le rythme à conserver. Plus les Sprint s’enchaînent et plus la distance augmente en conséquence.

Chaque fin de Sprint est donc caractérisée par une sortie longue qui correspond à l’objectif prédéfini.

3 – LA PLANIFICATION DE SPRINT

La planification des Sprint est une étape clé. En effectuant un planning du Sprint, je peux ainsi moduler mon entrainement en fonction de mon planning personnel et en ajustant donc les objectifs de distances, de parcours et de rythme.

Ainsi, sur le tableau ci-dessous, il est possible d’avoir un aperçu clair des entraînements à venir, ainsi que les séances non effectuées ou validées.

Un Sprint peut être caractérisé comme « Done » lorsque toutes les séances programmées ont été effectuées.

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Je peux également vérifier le contenu de chaque séance et accéder à différentes informations : distance parcourue, rythme…

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4 – DEFINIR UNE DEFINITION OF DONE

Il se révèle crucial, dans le but de valider ou non un Sprint, de caractériser la « Definition of Done ». Il est ici question d’identifier les critères que j’ai à remplir pour considérer la session comme « validée ».

Les points qui me permettront de me dire : « Tu l’as fait ! »

J’ai donc défini ces critères comme suit :

1 – Session d’échauffement de 5 minutes

2 – Une minute d’étirements

3 – Faire la course

4 – Session d’étirements de 10 min

5 – J Auto-satisfaction J (grâce aux fameuses sécrétions d’endorphines)

5 – LA REVUE DE SPRINT

A la fin de chaque Sprint, il est important d’effectuer une revue de Sprint. Cette étape consiste en la mise en lumière des objectifs non atteints : le nombre de séances non effectuées, les distances non respectées etc.

Ce bilan permet ainsi d’évaluer le retard par rapport au calendrier établi.

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6 – LA RETROSPECTIVE DE SPRINT

Comme dans tout projet Agile, la rétrospective occupe une place essentielle dans le déroulement d’un projet.

Elle me permet ici de déterminer les raisons de mes différents échecs vis-à-vis de mes objectifs : manque d’envie, fatigue, météo, douleurs.

J’établis alors un plan d’action par rapport à ces différents points : courir le midi, mieux m’équiper contre le froid, varier les parcours, augmenter le temps de récupération entre les courses, me motiver en me faisant une playlist musicale digne des plus grands champions 🙂

J’ai ainsi pu me rendre compte au fil des Sprint que je m’améliorais au fur et à mesure en apprenant à mieux connaitre mon corps et en adaptant le programme d’entrainement en conséquence et non le contraire.

Conclusion

Quelle que soit la raison pour laquelle vous le faites gardez en tête votre objectif et soyez ouvert à l’idée que cet objectif puisse changer au gré de vos entraînements.

Il se révèle parfois plus efficace de viser moins haut et d’avancer à un rythme plus régulier plutôt que de vouloir griller les étapes en visant trop haut.

Pour finir, quelle que soit votre façon d’organiser vos courses ou la raison même pour laquelle vous courrez, n’oubliez jamais une chose : le plaisir n’est pas négociable 🙂